
ZONE PIÉTONNE
Ce gros chien noir qui tourne en rond, De long en large, De large en long, Ce gros chien noir qui tourne en rond...
Cet animal qui va qui vient, De l'un à l'autre, De l'autre à l'un. Cet animal qui va qui vient...
Ces gens qui passent, qui ne voient pas, Courant par ci, Courant par là. Ces gens qui passent et ne voient pas...
Derrière le chien, allongé là, Qui dort d'un œil, Qui ne dort pas, A même le sol, un pauvre gars...
Tous ces braves gens qui s'agglutinent Aux devantures De ces vitrines Du centre ville qui s'illumine...
Dans ce décor, montrés du doigt, Montrant les dents, Ne mordant pas, Le pauvre chien, le pauvre gars.
Ce pauvre chien qui tourne en rond, De long en large, De large en long, Ce pauvre chien qui tourne en rond,
Ce pauvre gars qui va qui vient, De l'un à l'autre, De l'autre à l'un, Qui va qui vient... sans but, sans fin... ------------------------------------------- Photo de ma collection maison Très beau poème paru dans http://lapoesiequejaime.net/lassal.htm et merci à l'auteur de son poème réaliste très apprécié. En cliquant sur le lien, vous trouverez d'autres oeuvres tout aussi simples et belles. Mots-clés : lassal [ ajouter]
Dans le nouveau numéro d'AVANTAGES de septembre, n°228, un article m'a rappelé ma jeunesse par les phrases prononcées par mes parents et qui ont été à la base de certaines souffrances. Une fois mère de famille, j'ai dû me mordre la langue plusieurs fois pour ne pas les répéter. Hélas, on sait que l'imitation est forte chez nous pauvres animaux mal ou bien éduqués... "Tu es bien comme ton père" me disait ma mère rejetant ainsi ses griefs contre moi. En me regardant, elle retrouvait les ressemblances à mon père ce qui devait l'énerver au détriment des expressions physiques que j'avais d'elle, mais celles-là elle ne pouvait les voir... Maintenant j'ai réglé ce problème mais il m'a fallu du temps ! "Que va-t-on faire de toi ?" Je me demandais bien aussi ce que j'allais faire de moi ! Quant à 17 ans un homme est tombé amoureux de ma personne, je n'en revenais pas et en plus il était intelligent !!! Plus tard, la vie m'a montré que je pouvais me débrouiller ainsi j'ai acquis un peu plus d'assurance. J'avais trouvé le mari, l'éducateur et l'amant ! "Ta soeur y arrive bien elle" Faute d'avoir une soeur, la comparaison se faisait avec mon cousin germain. "Ah comme il travaille bien, ce n'est pas comme...." Il est vrai que jusqu'à la 6ème mas notes se rapprochaient plus du niveau inférieur que du supérieur, mais après est venu le temps de la revanche... Et mon cousin, dans les années 70, est devenu forestier, son frère berger et moi ? au quartier latin à l'université ! Attention, être forestier ou berger n'est pas péjoratif bien au contraire, chacun apporte sa part dans l'organisation de la vie et nous avons besoin de tous. Enfant, nous ne pouvions répondre à nos parents, il a fallu quelques années de patience pour avoir droit à la parole...
Une fois ces phrases assassines lancées il est difficile de se construire dans la confiance en soi, de s'affirmer et d'oublier !
page en langue anglaise. Sur ce site vous avez une musique blues qui va bien avec le bouquin http://www.ericjeromedickey.com/ et en cliquant sur le lien vous pouvez connaître mieux l'auteur, si vous lisez l'anglais, et voir qu'il a beaucoup écrit (à ma grande surprise).
Voilà un livre divertissant pour les vacances, je me suis régalée, en plus le thème du racisme en général est d'actualité. En Amérique touchant principalement leur passé colonialiste, noirs/blancs mais contrairement à l'adage "des goûts et des couleurs on ne dispute point". C'est l'histoire de nos différences, noir et blanc, blanc et noir, et mélanges, affaire de dosage ! Comme tous les métissages, la naissance devient une surprise totale. Dans l'histoire du livre le héros est américain-africain, il rencontre une belle rousse au teint clair d'origine irlandaise par sa mère et sa vie en est bouleversée !!!! Bon c'est un peu sex et intrigues amoureuses l'ensemble narré dans un langage non traficoté, ce qui n'est pas sans charme. Quelquefois on croirait regarder une série télévisée et pourtant au-delà de l'apparence, les réalités sont bien montrées. Douleurs d'enfance par les critiques raciales et les multiples sobriquets lancés par les gosses, on sait que les enfants ne sont pas tendres entre eux, douleurs non cicatrisées si elles sont ravivées dans la vie d'adulte. Attention, le style n'est pas grossier ni argotique, tout simplement il n'a ni le rythme blues, ni rap mais plutôt un peu swing. De l'action, des secrets et de l'amour. New-Work y est décrit comme une ville inhumaine voici ce que l'auteur aligne en parlant de la circulation lors d'un convoi funéraire : "- Déjà ils n'ont pas l'habitude de témoigner du respect aux vivants, essaie d'imaginer un peu le sort qu'ils réservent aux morts. Là-bas dans le Nord, les morts ont à peu près autant d'importance que des bibelots sur un bureau". Un passage également sur la jeunesse américaine à l'école et où la violence explose : "J'ai vu ça aux infos : il paraît que presque tous les gosses des écoles portent des pistolets maintenant. - Ils n'ont pas tous des pistolets, lui ai-je rappelé. - Si, c'est vrai, s'est interposée Sharon. Certains de ces acariens sont même armés d'Uzis. - Tu te rends compte ? Les gosses se tirent dessus, et en pleine salle de classe! Ils vont jusqu'à coller une balle dans la tête de l'instituteur. Je ne sais pas ce que le monde est en train de devenir, mais ça ne me dit rien qui vaille. Cela devrait suffire à te faire déménager de ton quartier-là.
Du coup on appréhende la rentrée de septembre !!! 
Merci de votre passage et n'hésitez pas à déguster ce café noisette cet été !!
J'ai connu des gens au périmètre d'idées si étroit qu'un vers de poésie ne pouvait pousser J'ai connu des gens aux faits cent mille fois répétés et qui pour rien au monde n'auraient voulu varier J'ai connu des gens à la tronche de citron aux mots acides mêlés de zestes empoisonnés
Un mot un jour a surgi sur le bout de ma langue : TATZOUILLE Pour moi ce sont des Tatzouille...
Sur ce blog j'ai souvent fait référence à la librairie associative de Marseille C'est la faute à Voltaire située au Cours Franklin-Roosevelt. Il y a dix ans, naissait cette caverne du livre et des idées magiques. Comment aider les personnes en difficulté à se reconstruire et à retrouver une place dans la société grâce aux mots. Chaque année cette librairie associative reçoit sous forme de dons plus de 20 000 livres. Une partie va dans ses rayons, le reste dans les différentes bibliothèques "sociales" qu'elle alimente. L'association crée également du lien à travers des ateliers d'écriture et de lecture, en donnant aux gens qui sont dans la galère l'accès à l'expression. L'équipe veut marquer ce 10ème anniversaire les 21 et 22 septembre dans la rue, aux Réformés, place bien connue des marseillais. L'idée de "Se donner le mot" c'est d'inviter un de vos mots à être de la fête. Mot particulièrement doux à l'oreille, mot accroché au bout de la langue, mot souvenir, mot attrapé au fil de la pensée, mot faisant sourire dès le matin, mot de l'humeur du moment, mot perdu de vue et qui repointe le bout de son nez, mot crée de toute pièce....... La librairie C'est la faute à Voltaire nous invite à partager leur enthousiasme en leur communiquant ce mot en quelques lignes, dans un texte ou une courte histoire qui en donne toute la saveur. Exemple de l'amorce de texte déjà reçu : "Cornichon : pour les chatouillements qu'il crée lorsqu'on le prononce" Sur mon blog je vous invite à jouer avec moi, en avant-première tout en pouvant participer au mot préféré en envoyant votre suggestion à : LA FAUTE A VOLTAIRE, Se donner le mot, 27 cours Franklin-Roosevelt, 13001 Marseille pou par mail: sedonnerlemot@club-internet.fr Demain je vous donnerai mon mot !
Je dois attendre encore quelques mois avant de refaire mes bagages pour l'Asie. Les voyages me fascinent. Depuis que j'ai entamé un périple en arrière dans le temps avec Paul Bowles, je le retrouve fidèlement au Maroc, cette fois dans "La maison de l'araignée" The Spider's House. Son style descriptif, agrippant les détails dans son filet vocable il sait nous faire vivre sous le soleil et nous dévoile toutes sortes de coutumes. ----------------
"Les gens sortaient moins; la nuit, les ruelles tortueuses de la Médina étaient vides; les foules endimanchées du vendredi après-midi avaient déserté le Djenane es Sebir - les hommes qui se promenaient en se donnant la main ou en groupes bruyants parmi les fontaines et sur les ponts entre les îles, les femmes assises en rang sur les marches ou sur les bancs dans le petit bois de bambous qui leur était réservé. Il n'y avait plus que de rares fumeurs de kif tout dépenaillés, assis, l'air vague, le regard figé, et des gamins qui soulevaient la poussière en tapant sur un ballon improvisé, fait de chiffons et de ficelles."
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"Dans cette région ne poussait aucune plante; on ne voyait que la glaise avec ses crevasses profondes et ses folles tourelles façonnées par la pluie. Au-delà, c'était les hautes montagnes où vivent les Berbères, puis le désert et d'autres pays dont peu de gens connaissent le nom. Ensuite, évidemment, derrière tout cela, au centre du monde, brillante d'une lumière éternelle, surnaturelle, il y avait La Mecque. Que d'heures avait-il passées à examiner les rutilantes lithographies en couleur qui couvraient les murs des échoppes de barbier! Les unes dépeignaient des batailles célèbres opposant des musulmans à des démons; d'autres montraient de magnifiques chevaux volants, à poitrine et tête de femme - ces animaux sur lesquels voyageaient autrefois, les gens importants, avant de les délaisser au profit des avions [...] Mais était toujours présente l'image la plus belle, celle de La Mecque devant ses hauts rochers en dents de scie, avec ses rangées superposées de maisons toutes en hauteur, coiffées de terrasses et serties de blacons et d'arcades. La Mecque et ses lampes, ses pigeons géants et, enfin, au centre, l'immense rocher drapé de tissu noir, si beau que des gens s'évanouissaient en le voyant ou, même, mouraient sur-le-champ. Souvent, la nuit, il était resté debout en cet endroit précis, les mains posées sur le parapet, clignant des yeux vers l'obscurité semée d'étoiles au-dessus de lui, cherchant à y apercevoir ne fût-ce qu'un reflet de cette lumière dont le flux montait éternellement des lieux saints vers le ciel".

photos prises sur le site http://www.abdou-leguide.com/decouvrir_fes/index.htm et bon voyage !
Ah Woodstock en 1971 en Colombie, on m'avait offert le super album du concert gratuit avec Jimmy Hendrix, tous les grands du moment, Bob Dylan, cette musique me rendait folle. Je pouvais danser dessus toute la nuit en buvant du Cuba libre, vétue de grands jupons comme on les portait au temps des hippies, il fallait flairer les vendeurs de fringues et de bijoux faits maison. Peace and love. A vingt-cinq ans l'exotisme envahissait corps et esprit, c'était l'expression du désir simple, j'aimais ce passage colorié de ma vie.
LA MAISON DU BOUT DU MONDE de Michael Cunningham m'a replongée dans le monde de Woodstock, de l'Amérique déjà ultra décalée par rapport à l'Europe. Les personnages sont multiples et analysés avec soin. Ce n'est pas la joie ni chez les uns ni chez les autres, mais on mène sa vie malgré les malheurs intervenant comme une explosion dans l'existence de chacun. J'aime bien l'écriture, facile, humoristique, descriptive, on se demande si c'est un livre ou un film. On voit tout. A Chaque chapitre, un personne narre le récit tout en étant plein dedans. J'aime.
Cleveland. Jonathan et Bobby grandissent ensemble dans cette ville et y connaissent leurs premiers émois de l'adolescence. Bobby se cherche dans les autres, il est gentil, trop gentil, l'important pour lui est de se faire accepter. Jonathan est différent. Il bouscule le temps, fume des joints, plonge nu dans la rivière, c'est un véritable casse-cou. Bien sûr la vie va les séparer un laps de temps, le temps de grandir un peu et d'arriver à la trentaine, à New York où ils vont se retrouver. Ils vont y rencontrer Claire, une femme peu banale "A partir de trente ans, j'avais renoncé à l'amour. Je vivais comme un enfant. Une heure après l'autre, alors que les autres femmes de mon âge assistaient aux récitations et fêtes scolaires de leur progéniture. Se laisser porter au jour le jour n'était pas difficile?. J'avais un petit boulot idiot, et un bel héritage qui m'attendait le jour de mes quarante ans. Il se trouvait toujours quelqu'un pour prendre un café, aller au cinéma ou dans une boîte. Le temps avait passé agréablement.[...]" Cette femme va être une présence idéale pour l'un et l'autre les comblant dans leurs manques affectifs : écoute, amitié, chaleur humaine, réconfort, rire, gaieté, amour, elle sera leur amante et leur mère dans la façon de les guider et les protéger. Situation difficile, fragile, utopique "Peace and love". Un enfant s'annonce dans ce ménage à trois, il faut trouver et acheter une maison "Nous achetâmes le puits et la lumière du soir" à quelques kilomères de Woodstock, en pleine campagne et ce sera 'la maison du bout du monde". Adieu les rêves mais "Chérie, il y a des moments où la nostalgie n'a pas sa place". Rebecca va donc prendre sa place au sein de cette maison sans nuisance. Claire dira "Devenue adulte, j'étais tombée amoureuse de l'intelligence de Jonathan et de son humour et, je suppose, de son incapacité à nuire. Il n'était ni frigide ni dangereux. Ni homme ni femme. La menace d'un échec sexuel n'existait pas avec lui. Je pouvais imaginer avec lui comment Rebecca, elle aussi tomberait un jour amoureuse de lui. Il avait l'attrait d'un père. Il avait la chaleur d'une mère sans son aspect menaçant - elle ne mourrait pas si Jonathan la quittait un instant du regard. Il travaillait toute la journée, puis rentrait à la maison avec un cadeau, fou de joie à l'idée de la revoir après toutes ces heures de séparation. Bobby restait gentiment à l'écart, et j'étais trop présente. Jonathan exerçait un charme sans faille accru par son absence quotidienne. Rebecca serait à lui. Elle m'aimerait, elle aimerait Bobby, mais elle appartiendrait à Jonathan. Il y avait des jours - par moments -où je croyais avoir trouvé ma récompense. J'avais l'amour, et une place sur terre. Je faisais partie de quelque chose de tendre et de lisse. Une famille C'était ce que j'avais toujours cru désirer. Ma propre famille n'avait été que cris de rage et de jalousie.[...]"
Edts Belfond, 1999. Traduit de l'américain par Anne Damour. Excellent.
poster pris sur http://www.allposters.fr
Il meurt lentement
Celui qui ne voyage pas, Celui qui ne lit pas, Celui qui n'écoute pas de musique, Celui qui ne sait pas trouver Grâce à ses yeux. Il meurt lentement Celui qui détruit son amour-propre, Celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement Celui qui devient esclave de l'habitude Refaisant tous les jours les mêmes chemins, Celui qui ne change jamais de repère, Ne se risque jamais à changer de couleur De ses vêtements Ou qui ne parle jamais à un inconnu.
Il meurt lentement Celui qui évite la passion Et son tourbillon d'émotions Celles qui redonnent la lumière dans les yeux Et réparent les coeurs blessés.
Il meurt lentement Celui qui ne change pas de cap Lorsqu'il est malheureux Au travail ou en amour, Celui qui ne prend pas de risques Pour réaliser ses rêves, Celui qui, pas une seule fois dans sa vie, N'a fui les conseils sensés.
Vis maintenant !
Risque-toi aujourd'hui !
Agis tout de suite !
Ne te laisse pas mourir lentement ! Ne te prive pas d'être heureux !
PABLO NERUDA "Prix Nobel de Littérature 1971"
Ma réponse à la question que l'on ne m'a pas posée : Quel est votre poème préféré ? - CELUI CI.
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