Faute de ne pouvoir m'évader actuellement, je suis partie dans le bush australien grâce à Tamara Mc Kinley
. Voyage fantastique au pays des grands espaces, hors des villes, au temps des vagabonds traversant la végétation sauvage, allant proposer leurs services dans les immenses stations d'élevage de moutons. La taille des fermes était le reflet de la prospérité de ces milliers d'hectares exploités par une main-d'oeuvre itinérante mais attachée au lieu. Chaque année les employés y revenaient au moment de la tonte des moutons, il fallait faire vite, sans interruption, et respecter un certain délai. Ensuite les moutons étaient menés d'un pâturage à l'autre, sélectionnés pour les croisements afin d'améliorer la race. De cette façon naquirent les plus beaux mérinos et lorsque la laine faisait défaut, la peau des bêtes était vendue pour être transformée en cuir, en suif, en lanoline ou en colle.
Note de l'auteur : Matilda désigne, en argot autralien, le baluchon constitué du tapis de sol et des maigres possessions de ces travailleurs itinérants, mais c'est aussi un prénom de femme : héroïne du roman.
Qui dit prospérité dit aussi pouvoir et domination.
La canne à sucre! "En mangeant le sucre, les gens de la ville ignoraient, combien d'hommes avaient donné leur peau" ceci avant la mécanisation. "C'est une plante épouvantable, pleine de vermine et d'insectes infectant les plaies qu'on se fait dans les champs". Il y a la chaleur étouffante, les mouches, les serpents, les hommes capables de survivre à cette existence étaient des sortes de héros.
Ce livre m'a donné l'impression de flotter dans le temps. En réalité, deux histoires sont contées simultanément, la fin réunissant le tout. Je n'ai pas été sans penser à l'Amérique Latine, avec les endroits sauvages, les cavalcades à cheval, des hommes et des femmes habitués aux lourdes tâches, aux intempéries du temps : orages, inondations et donc perte de bétail. Eaux, terres, animaux sont sauvages, les dompter est illusoire.
Histoires d'amour comme dans toute existence, émotions diverses, mais les femmes n'ont un beau rôle que dans les sociétés d'après guerre, lorsque le confort matériel commence à s'installer et donc améliorer les tâches quotidiennes.

Tamara Mc Kinley
est née en Australie et fut obligée de partir vivre avec sa grand-mère en Angleterre, dans le Sussex afin d'y parfaire ses études. Durant ce temps, elle recueillit les nombreux souvenirs contés par son aïeule, de cette Australie tant aimé. Maintenant elle va elle-même y puiser ses sources d'insparation romanesque, avec son mari et ses enfants.

Merci à l'auteure et à la traductrice du livre : Catherine Ludet.
Merci à vous tous, "mon fan club" de v os charmants commentaires.
de l'Australie, pays proche de mon enfance, je me souviens de ces contes aborigènes, leurs histoires de totems ;j'ai toujours aimé ce peuple à qui j'attribuais une grande culture...
muse | Le Mardi 05/06/2007 à 18:17 |