Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

de HARPER LEE

Pourquoi ce titre ? D'où vient-il ?

A l'intérieur du livre, nous trouvons l'explication :

- Je préférerais que vous ne tiriez que sur des boîtes de conserve, dans le jardin, mais je sais que vous allez vous en prendre aux oiseaux. Tirez sur tous les geais bleus que vous voudrez, si vous arrivez à les toucher, mais souvenez-vous que c'est un péché de tuer un oiseau moqueur1.
[...]
- Ton père a raison, dit-elle. Les moqueurs ne font rien d'autre que de la musique pour notre plaisir. Ils ne viennent pas picorer dans les jardins des gens, ils ne font pas leurs nids dans les séchoirs à maïs, ils ne font que chanter pour nous de tout leur coeur. Voilà pourquoi c'est un péché de tuer un oiseau moqueur.


1. Le mockingbird ou "mime polyglotte" est un oiseau du sud des Etats-Unis qui imite cris, chants et bruits divers.

Ce morceau reflète une certaine tendresse et un respect pour la nature et le beau. Une première raison pour faire mon choix. Puis l'action se passe en Alabama dans les années 1930, donc il y aura des allusions au racisme, à l'hypocrisie, la description de la vie dans un lieu où tout le monde se connaît depuis des générations, un milieu renfermé incitant les rumeurs, les peurs semi-superstitieuses, où chacun épie son voisin, s'invite à prendre le thé, se retrouve à l'église, une ambiance qui me faisait penser à la lecture tant aimée dans mon enfance du roman "Les quatre filles du docteur March". Le rôle du père, avocat intègre et rigoureux, tient une place très importante puisqu'il est commis d'office pour défendre un homme de race noire accusé d'avoir violé une fille de race blanche. Thème repris maintes fois pour représenter cette période d'incompréhension et de méfiance entre les hommes de "couleurs" (Blancs, Noirs, Indiens...) des différentes castes.

La narratrice, Scout, redevient la petite fille vive, charmante, espiègle pour nous raconter leurs jeux d'enfance et la vie de ce sud rural. Beaucoup d'humour et de répliques amusantes. L'influence du père très accaparé par sa profession et surtout ce fameux dossier, est marquante. Finalement dit Jem (le frère de Scout), "moi je pense qu'il y a qu'une sorte de gens, les gens". Un père câlin avec sa fille, n'hésitant pas à la prendre sur ses genoux les moments de peine, un père voyant son fils traverser l'adolescence avec patience, un père qui a peur pour ses enfants à cause de ce procès dont il redoute le verdict, un père très présent auprès d'eux dès qu'il le peut, un père sévère et indulgent à la fois. Un homme !

Cet ouvrage a été couronné par le Prix Pulitzer en 1961, et vendu à plus de 30 millions d'exemplaires dans le monde entier me semble-t-il. J'ai acheté l'édition livre de Poche, il est actuellement dans tous les présentoirs de livres, de plus il est facile à lire.

Version imprimable | lancés de mots et poésie | Le Lundi 21/05/2007 | 0 commentaires | Lu 499 fois