Réflexions sur

La demi-pensionnaire

de Didier van Cauwelaert
Edts Albin Micgel, 1999


Il en va avec les livres, comme avec les personnes, allez savoir pourquoi, parfois on se voit sans se voir, on entend mentionner le nom, on glisse devant sans s'arrêter, le moment n'étant pas venu. Mystère. Un jour ou un moment, celui-là précisément, la rencontre se fait. Comme ça. De façon naturelle. Avec La demi-pensionnaire je me suis arrêtée sur ce livre serré parmi tant d'autres sur les rayonnages de la librairie, il est vrai que l'auteur m'interpellant, mon regard s'est posé plus longuement et volontairement sur la tranche du livre. Il a une manière d'écrire qui m'enchante, je le saisis, l'ouvre, le parcours et l'enlève, une bonne fin de semaine en perspective.

Aucun des romans de Didier Van Cauwelaert ne se ressemble. Et là, encore une surprise, un défi même, traiter l'handicap en y mêlant de l'humour et de l'amour.
 La demi-pensionnaire est tendre, spirituelle, altruiste, une "super woman en fauteuil roulant". Un portrait inattendu.

Ce qui fait la magie de l'auteur, c'est sa façon de narrer la vie avec simplicité, telle que nous la vivons. Les personnages de ses livres nous ressemblent et partagent notre existence. Par exemple, il parle du chat "Jules" avec autant de tendresse et d'attention que je pourrais le faire concernant mon chat ou mes chiens :
"Quelle que soit la saison, je laisse ma lucarne entrebaillée pendant mon absence, pour que Jules ait sa liberté de manoeuvre. Quand il en a marre de se battre avec les autres matous des chambres de bonne, il revient miauler, je lui ouvre et je me recouche. Nous avons des liens tout simples, des rapports de mâles qui me conviennent très bien : respect du territoire, solidarité mutuelle et tendresse réservée aux soirs de blessures. Il pisse dans sa caisse et je la vide, il se fait dérouiller et je le soigne, je le nourris de boîtes ou de croquettes et il me rattrape les pigeons qu'il attrape. Je fais semblant de m'extasier, je dispose dans le congélateur, avec des égards ostentatoires, les volatiles que je balance au vide-ordures dès qu'il a le dos tourné; il rentre me consoler lorsque j'ai un coup de cafard devant la télé éteinte et quand je ramène une fille il sort. Je l'ai recueilli en lambeaux, à demi noyé dans ma gouttière, le jour où j'ai emménagé. Il lui a fallu près d'un an pour accepter ma présence chez moi. Le temps que j'apprenne à me passer de mes chiens."
Rien n'est laissé de côté, autant sur le plan du handicap que sur la vieillesse, la lassitude, le manque de désir, la revêrie, la vie quoi ! Un roman agréable très facile à lire et chaleureux, à prendre pour se changer les idées si non encore lu.




Version imprimable | lancés de mots et poésie | Le Lundi 07/05/2007 | 1 commentaire | Lu 273 fois


Commentaires

si je n'étais pas trop fatiguée pour lire (hé oui ça m'arrive !!!) je mettrais ce livre dans ma pile, ce n'est pas pour tout de suite, mais je garde le titre... Bonne fin de journée mamounette !

 


marie.l | Le Mercredi 09/05/2007 à 16:17 | [^] | Répondre