Nicolas Guillén

mulâtre cubain né à Camagüey

Célébration de l'abolition de l'esclavage... D'une certaine forme d'esclavage mais à voir les conditions en Libye, au Darfour et autres parties du Monde, nous ne pouvons nous réjouir et faire la fête. Je repense aux noirs de l'Amérique Latine et aux enfants métis issus d'union avec la classe blanche espagnole ou portugaise. Un poète surgit à ma mémoire, Nicolas Guillén. Il écrit : "Nous devons nous considérer tous dans l'obligation de nous approcher de Blanc, en lui enseignant - c'est bien à nous d'enseigner de temps en temps - que notre peau sombre recouvre un homme qui ressemble beaucoup à celui qui bat dans leur peau blanche".


"Un homme qui a lutté toute sa vie pour l'indépendance et la dignité de son île, Cuba, en est aujourd'hui le poète national. Nicolas Guillén (1902-1986), dans sa personne et dans sa poésie, incarne le destin des Antilles: le métissage." écrivait de lui Claude Couffon, grand passionné de l'Amérique Latine".
(J'ai fait référence à plusieurs reprise à Claude Couffon qui fut mon Professeur de littérature latine-américaine à la Sorbonne, et plus tard un ami).


Guillén inaugurait ainsi ce qui devait fonder l'essentiel de sa poétique, l'appel au respect de la personne humaine et l'éloge du métissage entre les cultures noire et européenne.
Il développa ces thèmes dans ses recueils suivants, Sóngoro Cosongo (1931), West Indies Limited (1934) et plus tard Elegías (1948-1958), La Paloma de vuelo popular(1958), Tengo(1964), où s'affirmait son refus de l'injustice, de la colonisation et de l'impérialisme. Paragraphe pris sur le site :

http://www.chez.com/jpquin/guillen.html

Mon choix s'est porté aujourd'hui sur un court poème traduit par Claude Couffon paru chez Pierre Seghers dans la collection Poètes d'aujourd'hui en 1964, dédié à Francisco Guillén

DEVINETTES


Dans les dents il a le matin
et porte la nuit sur la peau.
Alors, c'est qui ? Alors, c'est qui ?
- Le nègre.

Parce qu'elle est femme et point belle,
tu feras ce qu'elle t'ordonne.
Alors, c'est qui ? Alors, c'est qui ?
- La faim.

Elle est l'esclave des esclaves,
et pour les maîtres, un tyran.
Alors, c'est qui ? Alors, c'est qui ?
- La canne à sucre.

C'est le scandale d'une main
n'ignorant jamais l'autre main.
Alors, c'est qui ? Alors, c'est qui ?
- L'aumône.

Et cet homme là qui larmoie
sous le rire qu'il a appris.
Alors, c'est qui ? Alors, c'est qui ?
- Moi.

Version imprimable | lancés de mots et poésie | Le Dimanche 13/05/2007 | 4 commentaires | Lu 623 fois


Commentaires

encore un billet plein d'informations plus qu'intéressantes, merci mamounette et bon début de semaine !

 


marie.l | Le Lundi 14/05/2007 à 13:00 | [^] | Répondre

tout simple, avec juste, en effet, le rire qui défend

 


brigetoun | Le Mardi 15/05/2007 à 15:42 | [^] | Répondre

bon choix de poème pour ce  billet
Merci mamounette

 


Anonyme | Le Mardi 15/05/2007 à 19:59 | [^] | Répondre

je suis ton anonyme du soir...bonsoir

 


muse | Le Mardi 15/05/2007 à 20:02 | [^] | Répondre