Je dois attendre encore quelques mois avant de refaire mes bagages pour l'Asie. Les voyages me fascinent. Depuis que j'ai entamé un périple en arrière dans le temps avec Paul Bowles, je le retrouve fidèlement au Maroc, cette fois dans "La maison de l'araignée" The Spider's House. Son style descriptif, agrippant les détails dans son filet vocable il sait nous faire vivre sous le soleil et nous dévoile toutes sortes de coutumes.
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"Les gens sortaient moins; la nuit, les ruelles tortueuses de la Médina étaient vides; les foules endimanchées du vendredi après-midi avaient déserté le Djenane es Sebir - les hommes qui se promenaient en se donnant la main ou en groupes bruyants parmi les fontaines et sur les ponts entre les îles, les femmes assises en rang sur les marches ou sur les bancs dans le petit bois de bambous qui leur était réservé. Il n'y avait plus que de rares fumeurs de kif tout dépenaillés, assis, l'air vague, le regard figé, et des gamins qui soulevaient la poussière en tapant sur un ballon improvisé, fait de chiffons et de ficelles."
-----"Dans cette région ne poussait aucune plante; on ne voyait que la glaise avec ses crevasses profondes et ses folles tourelles façonnées par la pluie. Au-delà, c'était les hautes montagnes où vivent les Berbères, puis le désert et d'autres pays dont peu de gens connaissent le nom. Ensuite, évidemment, derrière tout cela, au centre du monde, brillante d'une lumière éternelle, surnaturelle, il y avait La Mecque. Que d'heures avait-il passées à examiner les rutilantes lithographies en couleur qui couvraient les murs des échoppes de barbier! Les unes dépeignaient des batailles célèbres opposant des musulmans à des démons; d'autres montraient de magnifiques chevaux volants, à poitrine et tête de femme - ces animaux sur lesquels voyageaient autrefois, les gens importants, avant de les délaisser au profit des avions [...] Mais était toujours présente l'image la plus belle, celle de La Mecque devant ses hauts rochers en dents de scie, avec ses rangées superposées de maisons toutes en hauteur, coiffées de terrasses et serties de blacons et d'arcades. La Mecque et ses lampes, ses pigeons géants et, enfin, au centre, l'immense rocher drapé de tissu noir, si beau que des gens s'évanouissaient en le voyant ou, même, mouraient sur-le-champ. Souvent, la nuit, il était resté debout en cet endroit précis, les mains posées sur le parapet, clignant des yeux vers l'obscurité semée d'étoiles au-dessus de lui, cherchant à y apercevoir ne fût-ce qu'un reflet de cette lumière dont le flux montait éternellement des lieux saints vers le ciel".


photos prises sur le site http://www.abdou-leguide.com/decouvrir_fes/index.htmet bon voyage !
des merveilleux mots
peut être, je me suis mise à faire des photos, parce que décrire ce que je vois, ce que j'ai vu, me manque des mots - en tout langue d'ailleurs déjà, mais si tu veux, tu trouveras des illustrations à la plupart des paroles que tu viens nous montrer dans ma set Maroc sur flickr, les villes, les rochers, les gens, etc.
et merci pour tes visites et commentaires fréguents: ils comptent dans ma vie
julie70 | Le Mercredi 04/07/2007 à 07:00 |